Articles, Etudes, Nouvelles, Préfaces

Réédition

Editions Edilivre, 2015




Portrait préface

Préface de Pierre MOLAINE à l'ouvrage de

Jean-Marie AUZIAS, Raoul Bécousse, Visages de ce temps, Subervie, 1974

(Extraits)


Belle occasion pour moi de le publier à tous les échos : je n'aime pas les professeurs. Je n’aime pas du tout ces brutes galonnées de minime espèce, leur culture de pacotille, leur pédagogie de brocante, leur humanisme de commande, leur dogmatisme pontifiant, leur outrecuidance sonore, leur matérialisme revendicateur, leur soif de poncifs, leur faim de faveurs et ce confort petit-bourgeois où se résout très tôt leur vocation.


Je n'aime pas la politique, ni le syndicalisme, ni aucun de leurs composés. Je n'aime pas du tout les lecteurs d'un seul journal, les champions ou zélateurs d'une seule idéologie, encore moins les rhéteurs de tréteaux, les gribouilleurs de trottoirs, les braillards de comices, les recruteurs de mercenaires, ces mercenaires aux normes, les colleurs d'affiches, les collecteurs de cotisations, et cette discipline à quoi l'on prétend m'assujettir, moi qui ai lutté solitairement toute ma vie pour être un homme libre.


Je n'aime pas du tout les poètes d'aujourd'hui. Leurs contorsions et leur gésine, leurs prétentions tarabiscotées, leurs ambitions métaphysiques, leur poursuite d'on ne sait quel substrat, leurs pompes, leurs minuscules « engagements », leur fatuité majuscule et leur façon candide, faute de roi, de gouverner la poésie française en tyrannique oligarchie. Pégase, devenu toquard se dérobe devant l'obstacle et trébuche avant l’Hélicon.  (Page 273 de la réedition)


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